Ailes de kite et planches à voile dans la baie d'El Médano, Montaña Roja au fond, Tenerife
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El Médano, Tenerife

L'alizé accélère en contournant le Teide et se recomprime dans le canal entre Tenerife et la Grande Canarie. El Médano est pile dedans : le spot le plus venté du sud de l'île, étape de la coupe du monde de windsurf, à quatre heures de vol direct de Paris.

Un volcan rouge de 171 mètres posé au bout de la plage, un village blanc qui a gardé sa taille, et un alizé qui accélère en contournant l'île. El Médano est le spot le plus venté du sud de Tenerife, une étape historique de la coupe du monde de windsurf, et la destination européenne la plus facile à atteindre pour une semaine de vent en plein hiver : quatre heures de vol direct depuis Paris.

Pourquoi ça souffle ici et pas à trente kilomètres

L'alizé de nord-est balaie les Canaries une grande partie de l'année. Quand il rencontre Tenerife, il ne passe pas au-dessus : le Teide culmine à plus de 3 700 mètres, l'île fait obstacle. Le flux se sépare et s'accélère en contournant le relief par les deux extrémités, puis se recomprime dans le canal qui sépare Tenerife de la Grande Canarie.

El Médano est situé exactement dans cette zone de recompression, sur la pointe sud-est, à quelques kilomètres de l'aéroport sud. C'est ce qui explique une anomalie que tous les visiteurs constatent : il peut souffler 25 nœuds ici et régner un calme plat à Los Cristianos ou Costa Adeje, à vingt-cinq kilomètres de là, sous le vent de l'île.

Sur place, l'alizé arrive donc du nord-est, souvent entre 18 et 30 nœuds en saison, avec des épisodes soutenus de plusieurs jours à 20-40 nœuds. Sur la baie principale, orientée sud-est, cela donne du side-shore franc.

Saison : l'inverse des Antilles

Les mois les plus ventés sont juin, juillet et août, quand l'alizé est le mieux installé. Les moins ventés sont décembre, janvier et février. Mais l'important n'est pas là : même au creux de l'hiver, El Médano reste navigable une grande partie des jours, et c'est ce qui en fait une destination utile toute l'année pour un Européen. Vous ne venez pas ici en janvier pour la statistique, vous venez parce que c'est à quatre heures de vol et que la mer est à 20 degrés.

Les « 300 jours de vent par an » que l'on lit partout viennent de l'office de tourisme, comme à Dakhla ou à Tarifa, et ne sont adossés à aucune station. Ce qui est vérifiable, en revanche, c'est que la coupe du monde de windsurf PWA revient chaque année en août sur la plage d'El Cabezo, pour ses conditions de saut et de vague. Une organisation internationale ne cale pas une étape sur un spot aléatoire.

L'eau, mesurée

Températures de surface moyennes issues du jeu NOAA OISST v2.1 à 0,25°, sur les 120 mois de septembre 2015 à août 2025, au point de grille le plus proche d'El Médano.

MoisMerMoisMer
Janvier20,3 °CJuillet22,5 °C
Février19,8 °CAoût23,4 °C
Mars19,7 °CSeptembre24,0 °C
Avril20,1 °COctobre23,9 °C
Mai20,7 °CNovembre22,8 °C
Juin21,8 °CDécembre21,5 °C

Le minimum est en mars à 19,7 °C, le maximum en septembre à 24,0 °C. Traduction en néoprène : shorty ou top manches longues de juillet à novembre, 3/2 intégrale de décembre à juin. Le courant des Canaries maintient une eau plus fraîche que ne le laisse croire la latitude, exactement comme à Dakhla, mais avec deux à trois degrés de plus.

Les plans d'eau, un par un

Playa Sur, la baie principale. Le cœur du spot, devant le village. Alizé side-shore, clapot court à moyen, fond de sable. C'est là que se concentrent les écoles, les zones de gonflage et la majorité des sessions kite et wing. Le niveau moyen est élevé et la fréquentation aussi : on y navigue à plusieurs dizaines, il faut savoir tenir son cap.

El Cabezo. Quelques centaines de mètres au nord-est, la plage de vague. Houle qui remonte du nord-ouest et se réfracte, sections franches, fond plus dur. C'est le terrain de la coupe du monde et celui des locaux confirmés. Traitez-le comme de l'eau avancée tant qu'une école ne vous a pas dit le contraire.

La Tejita. De l'autre côté de la Montaña Roja, une longue plage sauvage, sans immeubles ni services. Elle prend les orientations que la baie principale ne prend pas, notamment les rares flux d'ouest. Plus d'espace, plus d'exposition, moins de secours : on n'y va pas pour sa première session en autonomie.

La zone de prudence. À l'extrémité de la plage principale, une zone est signalée pour ses cailloux et sa sortie dangereuse, avec une ligne de sécurité à ne pas franchir. Au-delà, le retour se complique fortement, y compris avec assistance. C'est la règle locale la plus importante et c'est celle que les visiteurs ignorent le plus souvent.

Cohabitation : le vrai sujet du spot

Il n'y a pas de permis à demander pour kiter à El Médano. Il y a en revanche un partage de l'eau très codifié, parce que trois disciplines et des baigneurs occupent la même baie.

  • Les zones d'enseignement sont réservées aux écoles, qui y gardent la maîtrise du plan d'eau pour leurs débutants.

  • Une zone de navigation libre accueille les intermédiaires en enchaînement de bords.

  • Les secteurs exposés, dont El Cabezo, sont de fait ceux des confirmés, en vague et en manœuvres engagées.

  • Le windsurf a ses propres secteurs, historiquement antérieurs au kite sur cette plage, et le surf les siens.

  • Les zones de baignade ne se traversent pas, et les aires de décollage et d'atterrissage des ailes ne sont ni des passages ni des lieux de stationnement.

Rien de tout cela n'est affiché en français. Le réflexe qui évite les ennuis : passer dix minutes dans une école le premier jour pour se faire montrer les limites sur place, même si vous êtes autonome.

La Montaña Roja, une réserve, pas un décor

Le cône rouge qui ferme la baie n'est pas qu'un repère visuel. La Montaña Roja est une réserve naturelle spéciale de 166 hectares, articulée autour d'un volcan de 171 mètres, avec un système dunaire, des sables rougeâtres et de petites mares salées qui accueillent des oiseaux.

Ce que ça implique : on reste sur les sentiers, on ne gréé pas dans la dune, on ne roule pas sur le sable protégé, et on redescend ses déchets. Le système dunaire d'El Médano est le dernier de cette taille sur cette côte, et il est directement en contact avec les zones de préparation du matériel.

Y aller depuis la France

Vol. Tenerife Sud (TFS) est à dix minutes de route d'El Médano, une des plus courtes liaisons aéroport-spot d'Europe. Le vol direct depuis Paris dure environ quatre heures, opéré par Transavia, Vueling, easyJet, Ryanair, Air France et Iberia, avec une dizaine de rotations hebdomadaires toutes compagnies confondues. Les tarifs démarrent autour de 125 € l'aller-retour hors vacances scolaires.

Sur place. Le village est compact et se fait à pied. Une voiture de location n'est utile que pour aller à La Tejita, dans le nord de l'île ou au Teide. Zone euro, pas de change, réseau et eau courante sans surprise, ce qui n'est pas rien quand on compare aux autres destinations d'hiver.

Budget. Appartement ou studio à la semaine : 350 à 700 € pour deux. Location de matériel : 200 à 350 € la semaine. Cours particuliers : 50 à 70 € de l'heure. Sur une semaine à deux, vol compris hors vacances scolaires, comptez 700 à 1 300 € par personne. C'est la destination vent la moins chère accessible en vol direct depuis la France.

Pour qui, et pour qui pas

Oui si vous voulez du vent fiable sans faire dix heures d'avion. Oui si vous êtes intermédiaire et cherchez à passer un cap, entre le flat relatif de la baie et la vague d'El Cabezo à trois cents mètres. Oui si vous pratiquez plusieurs supports : c'est un des rares spots où kite, wing, windsurf et surf coexistent vraiment. Oui pour un séjour court, la logistique étant réduite à presque rien.

Non si vous débutez seul : la baie est fréquentée, le niveau moyen est haut et les zones sont strictes, il faut passer par une école. Non si vous cherchez de l'eau chaude, il faut du néoprène toute l'année. Non si vous voulez du lagon plat et désert : ici c'est du clapot, et il y a du monde.

À combiner avec

Sur l'archipel, Sotavento à Fuerteventura offre le lagon plat que Tenerife n'a pas, à une heure de vol. Sur le continent, Tarifa joue le même rôle de destination vent courte, avec plus de vent fort et moins de soleil garanti. Et pour qui veut prolonger la logique de l'alizé atlantique vers le sud, Sal au Cap-Vert et Dakhla sont les deux étapes suivantes.

Foire aux questions

Vous nous demandez souvent.

Pourquoi y a-t-il autant de vent à El Médano ?
Parce que l'alizé de nord-est ne passe pas au-dessus de Tenerife : le Teide culmine à plus de 3 700 mètres. Le flux se sépare, s'accélère en contournant le relief, puis se recomprime dans le canal qui sépare Tenerife de la Grande Canarie. El Médano est exactement dans cette zone. C'est pour cela qu'il peut souffler 25 nœuds ici et régner un calme plat à Los Cristianos, à vingt-cinq kilomètres sous le vent de l'île.
Quelle est la meilleure période pour kiter à Tenerife ?
Juin, juillet et août sont les mois les plus ventés, quand l'alizé est le mieux installé. Décembre à février sont les moins ventés. Mais El Médano reste navigable une grande partie des jours toute l'année, ce qui en fait une destination utile en plein hiver européen, à quatre heures de vol de Paris.
Quels sont les différents spots d'El Médano ?
Playa Sur, la baie principale devant le village, est le cœur du spot : alizé side-shore, clapot court, fond de sable, écoles et zones de gonflage. El Cabezo, quelques centaines de mètres au nord-est, est la plage de vague, terrain de la coupe du monde PWA en août et des locaux confirmés. La Tejita, de l'autre côté de la Montaña Roja, est sauvage, sans services, et prend les rares flux d'ouest.
Faut-il un permis pour kitesurfer à El Médano ?
Non, aucun permis. En revanche le partage de l'eau est très codifié : zones d'enseignement réservées aux écoles, zone de navigation libre pour les intermédiaires, secteurs exposés pour les confirmés, secteurs propres au windsurf et au surf, zones de baignade à ne pas traverser. À l'extrémité de la plage, une zone de prudence est signalée pour ses cailloux et sa sortie dangereuse, avec une ligne de sécurité à ne pas franchir. Rien n'est affiché en français : passez dix minutes dans une école le premier jour.
Quelle combinaison prévoir à Tenerife ?
La mer va de 19,7 °C en mars à 24,0 °C en septembre, sur la moyenne des 120 mois de septembre 2015 à août 2025 issue du jeu NOAA OISST. Comptez un shorty ou un top manches longues de juillet à novembre, et une 3/2 intégrale de décembre à juin. Le courant des Canaries maintient une eau plus fraîche que ne le laisse croire la latitude.
El Médano convient-il aux débutants ?
Encadré seulement. La baie est fréquentée, le niveau moyen est élevé, le clapot est présent et les zones sont strictes. Le spot est en revanche excellent pour un intermédiaire qui veut passer un cap, avec du clapot maniable dans la baie et de la vague à El Cabezo trois cents mètres plus loin.
Comment aller à El Médano depuis la France ?
L'aéroport de Tenerife Sud est à dix minutes de route du village, une des plus courtes liaisons aéroport-spot d'Europe. Le vol direct depuis Paris dure environ quatre heures et est opéré par Transavia, Vueling, easyJet, Ryanair, Air France et Iberia, avec une dizaine de rotations hebdomadaires toutes compagnies confondues, à partir d'environ 125 € l'aller-retour hors vacances scolaires.
Combien coûte une semaine à El Médano ?
Appartement ou studio à la semaine : 350 à 700 € pour deux. Location de matériel : 200 à 350 € la semaine. Cours particuliers : 50 à 70 € de l'heure. Sur une semaine à deux, vol compris hors vacances scolaires, comptez 700 à 1 300 € par personne. C'est la destination vent la moins chère accessible en vol direct depuis la France.
Qu'est-ce que la Montaña Roja ?
Le cône volcanique rouge de 171 mètres qui ferme la baie. C'est une réserve naturelle spéciale de 166 hectares, avec un système dunaire, des sables rougeâtres et de petites mares salées qui accueillent des oiseaux. On reste sur les sentiers, on ne gréé pas dans la dune et on ne roule pas sur le sable protégé : ce système dunaire est le dernier de cette taille sur cette côte et il jouxte les zones de préparation du matériel.
Y a-t-il vraiment 300 jours de vent par an à Tenerife ?
Ce chiffre vient de l'office de tourisme, comme à Dakhla ou à Tarifa, et n'est adossé à aucune station. Ce qui est vérifiable, c'est que la coupe du monde de windsurf PWA revient chaque année en août sur la plage d'El Cabezo pour ses conditions de saut et de vague : une organisation internationale ne cale pas une étape sur un spot aléatoire.

Dernière mise à jour le 7 août 2026

Sources

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